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COMITÉ VAR ESTEREL DU SCRABBLE

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Histoire du scrabble : 13 - Ainsi naquit le scrabble (épisode 2).

Histoires du Scrabble Publié le 23 février 2026

les-plus-belles-histoires-du-scrabble.jpg Voici donc comment Alfred Butts créa en 1933 l’ancêtre du jeu de scrabble qu’il nomma « Lexiko ». Il lui restait à le fabriquer et à le vendre. Pour cela, il contacta plusieurs fabricants américains de jeux dont, Parker Brothers, Simon & Schuster, Selchow and Righter et Milton Bradley. Leur réponse fut unanime : ce jeu ne leur semblait pas pouvoir s’adapter à leur production tant le facteur chance était important. Avaient-ils bien compris les règles ? On se le demande. Ne se décourageant pas, Alfred Butts fabriqua artisanalement à ses frais quelques boîtes qu’il vendit un dollar cinquante.

Convaincu que son invention avait de l’avenir (il avait le nez creux notre Alfred), il ne s’arrêta pas là et il réfléchit à comment l’améliorer. D’abord il ajouta deux jokers, portant ainsi le nombre total de cent jetons à un étrange cent-deux (vous savez désormais pourquoi). Il limita les anagrammes à sept lettres au maximum. Et il conçut, pour placer les lettres, une grille de quinze cases sur quinze, certaines permettant d’obtenir un bonus quand on posait une lettre dessus. Cela ressemblait de loin à une grille de mots croisés. Le but du jeu étant bien entendu d’obtenir, une fois toutes les lettres jouées, un meilleur score que son adversaire en additionnant tous les mots qu’on avait posés. Il changea le nom de « Lexiko » en « Criss-Cross Words » (en français « des mots qui s’entrecroisent ») se disant que c’était plus évocateur. Pour vérifier si ses versions de jeu fonctionnaient, il organisa des parties dans la salle paroissiale de son quartier, où Nina toujours de très bon conseil, jouait aussi. Il se murmure d’ailleurs qu’elle le battait de temps en temps… Une fois son jeu abouti, Alfred Butts tenta d’en déposer le brevet (on lui refusa) et il recontacta les fabricants de jeux (on le rejeta). À la mi-1934, il avait vendu 84 boîtes de jeu faites à la main et avait perdu une vingtaine de dollars (environ 325 dollars en valeur actuelle). On était loin du succès du Monopoly… Finalement, la crise économique passa et Alfred fut rembauché par son cabinet d’architecture. 

 
L’aventure ne s’arrêta pas là, vous vous en doutez. Un jour, James Brunot, un bureaucrate américain qui se rêvait homme d’affaires, acheta l’une des 84 boîtes de « Criss-Cross Words ». Il se prit de passion pour ce jeu et vit très vite son potentiel. Il contacta Alfred Butts et lui proposa de lui racheter ses droits en échange de royalties sur chaque boîte vendue. Butts accepta. James Brunot ajouta sa touche personnelle à la grille en mettant de la couleur dans les « cases chères » et changea pour la troisième et dernière fois le nom du jeu. Il le baptisa « scrabble ». Ce nom vient-il vraiment de lui ? C’est un peu flou. Mais on sait que ce mot lui plut car il ressemblait à « scramble » qui signifie « ruée ou bousculade » en anglais et ça convenait bien à sa vision du jeu. Ainsi en 1948, James Brunot réussit (enfin !) à déposer le brevet du tout premier jeu de scrabble. Dans la foulée, il créa avec sa femme une entreprise pour les fabriquer. Le succès n’était malgré tout toujours pas au rendez-vous, puisqu’en 1950, il avait vendu 4 853 boîtes et avait reversé à Alfred Butts 135 dollars et 43 cents de royalties. 



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