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COMITÉ VAR ESTEREL DU SCRABBLE

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Histoire du scrabble : 13 - Ainsi naquit le scrabble (épisode 1).

Histoires du Scrabble Publié le 17 février 2026

les-plus-belles-histoires-du-scrabble.jpgVoici en quelques épisodes comment un homme inventa un jeu universel.

Alfred Mosher Butts, le père du scrabble, est né le 13 avril 1899 dans l’état de New-York. On dit que c’était un homme plutôt affable, rigoureux, qui aimait à loisir dessiner et surtout, qu’il raffolait des jeux de lettres comme les anagrammes. Avec sa femme Nina, qu’il avait eue comme enseignante (leur différence d’âge était taboue même au sein de leur famille), ils vivaient dans le Queens, un quartier de New-York. Il travaillait en tant qu’architecte dans un cabinet à Manhattan. En 1931, alors qu’il était âgé de 32 ans, son secteur d’activité, comme beaucoup d’autres aux États-Unis depuis 1929, fut sévèrement touché par la crise économique et il se retrouva au chômage. Il s’ennuyait. Pour combler son ennui, il reprit le dessin de paysages new-yorkais qu’il tenta de vendre sans grand succès. Alors, à l’instar de son compatriote Charles Darrow qui prétendait avoir inventé le Monopoly et qui commençait à gagner une véritable petite fortune grâce à l’engouement pour ce jeu, Alfred Butts se dit qu’il pourrait lui aussi inventer un jeu. Car justement, quoi de mieux que de jouer pour tromper l’ennui ? 

 

Tout méthodique qu’il était, Alfred commença par étudier les jeux de sociétés populaires. Il les classa en trois catégories : les jeux de mouvement (comme les dames et les échecs), les jeux de chiffres et de hasard (comme les dés et le bingo) et enfin ses préférés, les jeux de lettres (comme les mots croisés et les anagrammes). Il remarqua aussi qu’il existait des hybrides comme le backgammon qui alliait le mouvement et le hasard, ce qui nécessitait une certaine habileté d’esprit. Il nota aussi que les jeux de lettres n’étaient jamais associés au mouvement, ni aux chiffres, ni au hasard. Alors, il décida de les combiner entre eux. 

Le principe : former des anagrammes (sa passion) de neuf ou dix lettres avec des lettres tirées au hasard. Chaque lettre ayant un nombre de points prédéfini indiqué en indice (entre 1 et 10), on comptait le nombre points obtenus en additionnant les valeurs des lettres qui composaient le mot trouvé. Pour son jeu, Butts partit sur un total de cent lettres comprenant tout l’alphabet (anglais bien sûr). Vous noterez qu’à ce moment-là, il n’était pas encore question plateau de jeu ni de jokers, autrement dit ces fameuses « lettres blanches » que nous chérissons aujourd’hui. Mais un peu de patience… 

Alfred, toujours aussi scrupuleux, souhaitait que les tirages parmi les cent lettres donnent le plus souvent possible des mots existants. Il se rappela alors la nouvelle d’Edgar Poe « Le Scarabée d’or », dans laquelle une carte au trésor associait de mystérieux symboles à des lettres selon leur fréquence d’apparition dans le vocabulaire. La solution était là ! Il entreprit donc de déterminer la fréquence d’utilisation des 26 lettres de l’alphabet en analysant la presse. Il compta soigneusement à la main les lettres de tous les mots dans des articles pris au hasard dans différents journaux, comme le New York Times et le New York Herald Tribune (certains de ses descendants prétendent d’ailleurs détenir encore des exemplaires annotés avec soin par leur aïeul). Ainsi, il décida combien son jeu allait comporter de A, de B, de C… et aussi quelle valeur leur attribuer entre 1 et 10, les lettres les plus fréquentes valant 1, jusqu’aux plus rares prenant la valeur de 10. Enfin, quel support choisir ? Alfred opta pour des jetons. Nina, sa femme qui aimait aussi beaucoup les jeux de lettres, lui servait de cobaye pour optimiser son invention. 


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