Ma première
finale de Championnat de France s’est déroulée à Quimper. Le voyage ? Plutôt
long depuis ma Lorraine natale. Nous sommes quatre dans la voiture. Évidemment
l’actualité c’est le scrabble. Pendant le parcours j’ai dû entendre quelques
cent mots nouveaux. Je ne pense pas en avoir retenu la moitié.
Nous arrivons à bon port (de Quimper évidemment). On pourrait penser que notre première recherche fût celle de l’hôtel. Eh bien non ! Il fallait en toute priorité trouver un bureau de tabac. Eh oui ! Le tiercé, c’est le dada (bof) de l’un d’entre nous et pas question de déroger à la règle, même un week-end de championnat de France. Ce devoir accompli, direction l’hôtel et devinez ce qu’il se passe alors ? Oh surprise, il se met à pleuvoir. Et il pleuvra jusqu’au lundi soir ! Parfois de la petite pluie agrémentée de brouillard, parfois de véritables cordes accompagnées de bourrasques, d’éclairs et de tonnerre. Un vrai week-end breton en somme.
Le samedi, les hostilités commencent. Tous les ténors sont là : Aurélien K. (breton), Antonin M., Francis L., Emmanuel R. et bien d’autres célébrités de l’époque puisqu’il s’agit d’un Championnat de France. Et il y a moi, tout au fond de la salle, table 457 je crois.
Arrive la fin de la première partie. Miracle ! Le ciel est sombre, mais il ne pleut pas. Tout le monde en profite pour mettre le nez dehors. Et c’est là que je vis les minutes les plus angoissantes de mon séjour. Francis à Antonin :
– T’as bien joué ?
– Non moins 8.
Emmanuel à Aurélien :
– Bien joué ?
– La cata moins 5 ! Tu te rends compte ?
Ils sont tous là à se lamenter sur leur « piètre » résultat : moins 3, moins 5, moins 10 ! Vous pouvez vous imaginer l’état de détresse dans lequel je me trouve, moi qui me situe à quelques 150 points du top. Si je m’étais écoutée, j’aurais eu honte et me serais enfuie, mais je ne suis pas du genre à me laisser abattre. J’ai continué héroïquement le combat jusqu’au bout. Entre les parties j’évitais le côtoiement des stars, histoire de ne pas laisser mon moral descendre plus bas que mes chaussettes...
Et puis une autre chose m’a intriguée : les joueurs (surtout les bons) qui « se refusent » un scrabble. Pourquoi ne disent-ils pas tout simplement qu’ils l’ont loupé ? Bien sûr, cela fait plus chic de « se le refuser » ! En tout cas moi, quand je vois un scrabble, je le mets ! Si j’ai un doute, je le mets quand même… ce qui m’a valu d’ailleurs quelques jolies bulles ! Comme quoi je ne me refuse rien !!! On l’entend moins de nos jours, cette expression, et ce n’est pas un mal.
Retour en Lorraine. Notre ami n’a pas gagné au tiercé, mais il a bien joué. Nos deux autres compagnons de voyage ne sont pas plus fiers de leurs résultats que moi. Petite consolation ! En tous cas je me suis jurée que l’année suivante je me qualifierai, que je ne me refuserai aucun scrabble (je me contenterai de les louper) et que je ne dépasserai pas les… moins 30 ! J’en rêve encore…
M-A.Neugebauer